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Comment j’ai écrit et retranscrit l’histoire de mes ancêtres?

La semaine dernière, je vous présentais le tome 1 du récit de mon histoire familiale. Dans cet article, je vais vous expliquer comment je m’y suis prise pour réaliser ce projet, depuis l’élaboration du plan jusqu’à l’impression, en passant par l’écriture du récit et la mise en page.

La semaine dernière, je vous présentais le tome 1 du récit de mon histoire familiale. Dans cet article, je vais vous expliquer comment je m’y suis prise pour réaliser ce projet, depuis l’élaboration du plan jusqu’à l’impression, en passant par l’écriture du récit et la mise en page.

1/ Définir le projet

La première étape consistait à choisir comment je voulais retranscrire mon histoire familiale, pour moi mais aussi pour ma famille. Il y a de nombreuses options allant du site internet à la vidéo en passant par les livres notamment. Personnellement, j’ai un faible pour les livres et je pense que c’est le support idéal pour transmettre ma généalogie car c’est un objet « physique », concret, que l’on peut offrir, et surtout, le livre est multi-générationnel et parlera à tout le monde. Mais dans la famille du livre, il y a aussi plusieurs options. On peut choisir d’écrire un roman comprenant uniquement du texte ou bien de faire quelque chose qui ressemblerait plus à un magazine ou à un livre illustré. Pour ceux qui adorent écrire et pourraient rédiger trois cents pages sur la vie de leurs ancêtres, le roman peut être une bonne option. J’ai préféré le livre illustré qui est, je trouve, plus attractif. En plus, j’adore faire de la mise en page !

2/ Choisir de qui on va parler

Une fois la forme choisie, il me fallait ensuite choisir comment j’allais parler de mes ancêtres. J’ai choisi d’écrire des histoires courtes, pour permettre de parler de plusieurs ancêtres, mais aussi parce que c’était plus compliqué d’arriver à écrire des histoires assez longues en brodant avec des éléments de contextes historiques ou bien en romançant les histoires.

J’ai aussi choisi de séparer les histoires de mes ancêtres en plusieurs tomes, chacun consacré à l’un de mes arrière-grand-parents. Dans le cas de ma généalogie, ça me paraissait assez logique puisque les branches se séparent à partir de cette génération pour aller dans des régions différentes. De plus, cela permet d’offrir le livre aux bonnes personnes, concernées par une branche en particulier. Et puis j’aimais bien l’idée de créer une collection, avec des livres assez semblables mais différents par les histoires et les couleurs choisies.

J’ai commencé par la branche de mon arrière-grand-père maternel, Marc Tarisien, parce que c’était la plus complète de mon arbre. Il m’a ensuite fallu choisir les ancêtres dont je parlerais. C’était la partie la plus compliquée parce que tous ont leur vie, leur histoire et qu’il faut savoir en écarter certains pour choisir les histoires les plus pertinentes. Même si on a l’impression de trahir tous ses autres ancêtres dont on ne parlera pas ! Pour choisir, j’ai utilisé les tableaux sur Geneanet, qui permettent d’avoir une liste de tous nos ancêtres sur une branche, avec des informations sur eux.

Un extrait du tableau proposé par Geneanet pour ma branche Tarisien

À partir de là, j’ai noté tous ceux qui avaient une situation particulière: métier différents, très grand nombre d’enfants, plusieurs mariages, migration… En refaisant mon arbre généalogique de zéro l’année dernière, j’avais déjà ce projet en tête et je mettais donc une note sur chaque ancêtre ayant un destin particulier. J’ai donc consulté mes annotations sur Geneanet pour retrouver les histoires qui me paraissaient interessantes comme un ancêtre ayant immigré du Luxembourg aux Ardennes, un autre ayant divorcé ou encore un qui travaillait comme garde dans un château et dont l’employeur a écrit tout un poème sur lui, publié dans un livre de poésie en 1807.

Quelques annotations prises sur mes ancêtres sur Geneanet

En plus des ancêtres ayant un destin particulier, il me semblait important de représenter la masse des ancêtres invisibles de mon arbre, ceux ayant une vie tout à fait « ordinaire » pour l’époque. J’ai donc fait une moyenne des données de mes ancêtres pour établir le portrait robot de la famille typique de cette branche. Ainsi, cette famille vivait en Seine-et-Marne, aux environs de Jouarre et travaillait comme journalier ou cultivateur. Le couple s’est marié à 24,9 ans en moyenne, les époux ayant 2,1 ans d’écart et ils ont eu ensemble 6,2 enfants. Enfin, ils sont décédés à 61,1 ans. À partir de là j’ai noté les familles qui semblaient proches de cette moyenne et j’ai sélectionné celle qui s’en approchait le plus.

Une partie de mes ancêtres de cette branche ayant vécu en Saône-et-Loire, loin de la Seine-et-Marne, j’ai également choisie une famille typique vivant dans cette région afin d’être la plus représentative possible.

Une fois ma liste de noms établie, j’ai éliminé les personnes pour lesquels ils me manquaient trop d’informations pour arriver à une liste de seize ancêtres ou couples d’ancêtres.

Établir un plan

Après cela, je savais donc plus précisément ce que je voulais faire et de quels ancêtres j’allais parler. Il me fallait donc établir un plan, que l’on appelle aussi chemin de fer, de mon livre. Une première partie, assez courte, serait consacrée à la présentation générale de la branche grâce à des infographies, parce que je trouve ça très parlant et donc pratique pour visualiser d’un coup d’oeil les éléments représentatifs d’une branche. Après cela, il me fallait organiser les histoires des seize ancêtres sélectionnés. Je les ai donc inscrits dans un tableau avec le numéro de la génération, les années et leurs particularités.

Cela m’a permis de voir que certaines histoires seraient liées par une époque ou des circonstances. J’ai donc classé les ancêtres par ordre chronologique, du plus ancien au plus récent et je les ai séparés en groupes selon leur époque ou une situation commune, formant ainsi six chapitres de une à quatre histoires chacun. J’ai aussi choisi d’insérer au début de chaque chapitre une double page présentant le contexte historique de l’époque grâce à une frise chronologique, un texte et des illustrations, permettant de plonger le lecteur dans l’époque concernée en lui rappelant l’état du pays, les conditions de vie ou encore les grands noms comme les écrivains, les artistes ou les scientifiques par exemple. Cette partie me semblait importante car il est facile, en lisant les histoires, d’oublier que les personnes vivaient à une époque complètement différente de la notre, où les moeurs et habitudes de vie n’étaient pas du tout les mêmes.

Mon chemin de fer était donc défini (plus ou moins). Il est finalement resté comme je l’avais prévu à ce stade, mis à part l’ajout d’un glossaire à la fin pour expliquer des termes spécifiques que le lecteur ne comprendrait peut être pas et donc la définition n’était pas inclue dans le corps de l’histoire.

Écrire les histoires

À partir de là, fini l’organisation, je plonge dans le coeur du projet: le récit de la vie de mes ancêtres ! Pour cela, j’ai pris chaque ancêtre ou couple d’ancêtres préalablement choisi, par ordre d’apparition dans le livre. J’ai commencé à chaque fois par me replonger dans la fiche Geneanet de l’ancêtre en question, l’étayant si possible par des informations manquantes. Ensuite, j’ai tout simplement écrit son histoire, « au feeling », en créant des parties correspondant aux étapes de sa vie comme son enfance, la période où il faisait tel métier, celle de son premier mariage, celle où ses enfants ont quittés le foyer ou encore son veuvage. Toute sa vie quoi ! Si on est à l’aise avec l’écriture, on peut se lancer comme cela. Sinon, on peut au préalable préparer un plan en notant les grandes étapes de sa vie, les événements marquants, etc afin de donner une trame avant d’écrire. Pour donner vie au récit, il faut ajouter des éléments visuels, en décrivant son environnement notamment, et des éléments contextuels en rappelant certaines coutumes ou certains événements historiques, en reliant l’histoire de son ancêtre à la grande histoire si possible. Le récit a ainsi plus de corps, il est plus sensoriel, on peut imaginer son environnement visuel, sonore, olfactif et se projeter dans la vie de la personne. L’histoire en devient plus interessante et aussi plus longue, permettant de remplir quelques pages du livre.

Rassembler des illustrations

Une fois les histoires écrites, il faut rassembler des documents visuels qui permettront d’illustrer le récit. Pour cela, je reprends chaque histoire et la relie, m’arrêtant chaque fois qu’il me parait important d’illustrer un passage. Je cherche ensuite les documents qui me le permettront. Cela peut être les documents d’état-civil ou de registres paroissiaux, qui sont propres à l’histoire de vos ancêtres, des photos de leur signatures dans les actes aussi et tous les documents d’archives que vous aurez comme les recensements de population, les fiches militaires, les contrats de mariage, les actes notariés… Pour parler du métier, il faut chercher sur internet des illustrations dudit métiers, de préférence dans un style ancien de type gravure par exemple. Enfin, le décors peut être illustré par des cartes postales anciennes, des plans du cadastre et des morceaux de cartes anciennes comme celle de Cassini.

Penser la mise en page

Une fois que l’on a le contenu, il faut passer à la mise en forme. Dans un premier temps, il faut chercher l’inspiration sur internet (Pinterest est alors ton ami !). Il faut commencer par chercher des exemples de mise en page qui vous plaisent. Pour en trouver, on peut chercher des images de livres et de magazines mais aussi des books de graphistes, des CV, des flyers, bref tout type de document ayant une mise en page sympas. À partir de là, il faut faire des petits croquis à la main en gribouillant les emplacements des textes et des images, en cherchant un système graphique. Pour ma part, j’ai choisi d’utiliser des losanges, qui reviennent sur toutes les pages comme éléments graphiques et comme cadres pour les illustrations.

Il faut également choisir une palette de couleurs plaisante. Le choix de 3 à 5 couleurs est idéal. Le mieux est d’avoir une couleur claire pour faire des fonds colorés par exemple, une couleur foncée qui servira notamment pour le texte, et une couleur plus vivante, plus vibrante, qui amènera modernité et dynamisme au livre. Le choix des couleurs peut être compliqué à faire, surtout pour choisir des couleurs qui fonctionneront bien ensemble. Personnellement, j’utilise Adobe Color qui permet de regarder plein d’exemples de palettes de cinq couleurs qui fonctionnent bien ensemble. Il est possible de taper un mot clef dans la barre de recherche pour restreindre les propositions à une gamme colorée ou un thème en écrivant « rouge » ou « naturel » ou bien « histoire ». Une fois la palette choisie, il faut récupérer son code (#FFCB05 par exemple) qui est l’identifiant unique de la couleur. Il est ainsi possible de la transférer dans un logiciel de mise en page. Il faut cependant faire attention à prendre des couleurs qui passent pour l’impression. Ce que l’on voit sur écran est différent de ce qui sera imprimé car les couleurs numériques et imprimées ne fonctionnent pas sur le même mode (RVB pour le numérique et CMJN pour l’imprimé). L’idéal est donc d’imprimer sa palette afin de voir si elle convient vraiment.

Enfin, il faut choisir un jeu de typographies. En choisir deux est idéal, l’une servira pour le texte courant et l’autre pour les titres. Pour le texte courant, j’ai choisi une typographie à empattements (les petits traits horizontales en bas et en haut de chaque lettre) car elle facilite la lecture en créant des lignes visuelles.

Police « Cormorant Garamond »

Pour le titre, j’ai choisi une police plus moderne, sans empattements. J’aime en effet associer deux types de polices différentes, alliant ancien et moderne. Cela rejoint bien l’idée de parler de nos ancêtres, de les ramener dans le présent grâce au livre.

Police « Avenir »

Le plus simple est d’utiliser des polices déjà présentes dans le logiciel de mise en page, mais il est possible de télécharger des polices libres de droits sur Google Font pour des polices assez classiques ou encore sur Dafont où elles sont plus originales.

Une fois qu’un système graphique, des couleurs et des typographies sont choisis, la mise en page peut commencer !

Créer son livre

Pour créer la mise en page de son livre, il faut ensuite utiliser un logiciel spécifique. Étant graphiste, j’ai choisi Indesign que je connais bien. Mais il est possible d’utiliser un logiciel gratuit comme Scribus par exemple. Pour construire son livre, il faut ensuite placer le texte et l’agrémenter des illustrations que l’on a sélectionné, tout en suivant le système graphique que l’on a choisi.

Exemple de la mise en page de mon livre, monté sur Indesign

Relire et corriger

Une fois que tout cela est fini, il est important de tout relire, de corriger les fautes d’orthographes, les phrases mal tournées, les erreurs de mise en page… Le mieux est de le faire relire à quelqu’un qui n’a pas suivi le projet, qui apportera un oeil neuf et fera remonter les termes ou les phrases qu’il ne comprend pas.

Faire imprimer

Quand le livre est enfin terminé, il faut ensuite le faire imprimer ! Vous pouvez bien entendu l’enregistrer sous format PDF ou EPUB pour avoir une version numérique, mais l’impression est l’étape la plus importante, qui donnera vie au livre. Il est possible de s’adresser à une imprimerie proche de chez soit ou de faire appel à un service en ligne. J’ai utilisé le site Pixartprinting que je connais bien et qui a un très bon rapport qualité/prix. La préparation des fichiers à envoyer peut cependant être un peu technique pour une personne n’ayant pas l’habitude. J’ai choisi une relire dos carré collé, bien adaptée au nombre de pages que j’avais. J’ai fait imprimer cinq exemplaires pour pouvoir en offrir à ma famille. L’avantage de pixartprinting est de pouvoir décaler la date de livraison pour faire baisser le prix. Profitant d’une promotion, j’ai payé 63 euros pour cinq exemplaires, livraison incluse. J’ai passé ma commande un dimanche et devais la recevoir le lundi de la semaine suivante. Ils sont arrivés le vendredi précédant, avec un exemplaire supplémentaire dont la tranche avait été abîmée au montage.

Conclusion

Et voilà comment mon livre à pris forme ! L’article est un peu long car il y a beaucoup de choses à expliquer. J’espère que ça aidera ceux qui veulent se lancer dans l’écriture de leur histoire familiale. Il faut réussir à se dégager un peu de temps car c’est un projet assez long, mais en travaillant dessus un peu chaque semaine, voir chaque jour, il prendra rapidement forme. Il n’est pas nécessaire d’avoir des compétences particulières en écriture ou mise en page, même si ça aide beaucoup. Il faut prendre son temps et s’aider d’internet qui propose de nombreux tutoriels pour apprendre à manier les logiciels de mise en page notamment. Il faut ensuite se laisser porter par sa créativité pour faire le livre qui vous convient, qui vous ressemble.

3 réponses sur « Comment j’ai écrit et retranscrit l’histoire de mes ancêtres? »

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